Logo de Sud éducation Loire L'école n'est pas une entreprise, l'éducation n'est pas une marchandise ! Logo Union syndicale Solidaires

Article mis en ligne le 3 décembre 2010 et actualisé le 4 décembre 2010
Cet article au format imprimable : impression
Dossiers apparentés
  • Secteurs :

  • Fonctions :

  • Thèmes :

  • Auteurs :


18 Décembre : Journée Internationale des Migrant-e-s

18 décembre à 18h00, Place Jean Jaurès côté kiosque à Saint-Etienne


Budget éducation - Lettre unitaire aux députés et sénateurs de la Loire

FCPE, SGEN CFDT, CGT Educ’ action, SE UNSA, SNUDI FO, SUD Education, SNUipp FSU et SNES FSU

Madame, Monsieur

16 000 emplois supprimés au budget 2011, baisse de 5 à 10% des crédits pédagogiques, de 7% de ceux finançant la formation continue : ce budget n’affiche aucune ambition pour le système éducatif.

Bien au contraire, il n’offre comme perspective que la recherche d’économies permettant de justifier le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite alors même que les effectifs d’élèves vont augmenter et que la part du PIB français destinée aux enseignements primaires et secondaires a diminué dans la période récente en passant de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006.

La situation en cette rentrée 2010 est la pire constatée depuis de très nombreuses années. Elle découle de trois budgets successifs (2008-2009-2010) particulièrement sévères avec le système éducatif.

60 000 suppressions d’emplois de personnels enseignants et non enseignants qui entraînent globalement :

- l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires (en 2011, le milliard d’euros est dépassé dans le programme enseignement scolaire public du second degré) qui oblige pour les absorber, à recourir de plus en plus à des personnels vacataires non formés. Pour les collèges ligériens, on a fermé, à la rentrée 2010, 42 postes alors que le volume d’heures supplémentaires correspond à 120 postes à temps complet !

- la baisse du nombre de remplaçants tend la situation dans beaucoup d’académies pour la gestion du remplacement : en cette rentrée, des recteurs utilisent des professeurs des écoles en surnombre pour pallier à l’année à la vacance des postes dans le second degré ; pour l’année prochaine, il est question de « la constitution d’un vivier complémentaire de personnels contractuels remplaçants, composé de jeunes retraités, d’étudiants diplômés et formés... » pour compléter les besoins de remplacement. Des sommes importantes ont été utilisées en 2010 pour financer le remplacement des maîtres par des personnels rémunérés 750€ la semaine.
Pour ce qui concerne la Loire, dans certaines disciplines de l’enseignement secondaire, il n’y avait plus de titulaires remplaçants dès la rentrée scolaire (ex : en philosophie, lettres classiques, documentation…). Pour la zone Loire nord, la moitié des disciplines était touchée ! Lorsqu’un enseignant est absent et qu’il n’y a pas de remplaçant disponible, le Rectorat demande aux chefs d’établissements de trouver une solution ! On recherche alors des vacataires, ce qui demande du temps … et en attendant, les élèves n’ont pas cours !

- la suppression des emplois de stagiaires en 2010, liée à la réforme de la formation des maîtres, la mise en responsabilité à temps plein devant les élèves des nouveaux enseignants et CPE les met en grande difficulté au moment de l’apprentissage de leur métier. Cette situation va engendrer aussi des difficultés pour les élèves concernés qui vont voir se succéder plusieurs enseignants durant l’année scolaire auxquels vont se rajouter les problèmes de remplacement des stagiaires lors de leurs périodes de formation. Enfin, cela va compliquer le fonctionnement des écoles, collèges, lycées et LP dans les mois qui viennent. Des démissions en nombre important sont enregistrées en particulier dans les académies d’Ile de France et en Nord-Pas de Calais et les arrêts de travail pour maladie se multiplient chez ces jeunes collègues.

- la baisse des crédits pédagogiques impacte la capacité des équipes, tant dans le premier que le second degré, à mener des projets éducatifs et pédagogiques indispensables pour permettre la réussite de tous les élèves (de 14 millions d’euros en 2008 à 4 millions en 2010 dans le premier degré et de plus de 110 millions à 83 millions dans le second degré sur la même période).

- la baisse des moyens de la formation continue. Dans le premier degré de 16 millions d’euros en LFI en 2008 on en prévoit à peine 12 millions en 2011. La tendance à la baisse est identique dans le programme second degré. Paradoxe dans ce ministère : au moment où on parle enfin de GRH, de droit individuel à la formation continue (DIF), de seconde carrière, les moyens de la formation continue diminuent fortement. Par ailleurs, les besoins de formation liés aux réformes en cours ne sont pas assurés.

- les suppressions d’emplois de personnels administratifs (en moyenne 600 emplois par an depuis 5 années budgétaires) dégradent non seulement les conditions de travail dans les établissements et les services déconcentrés, mais également la qualité du service rendu.

- Enfin, la réduction drastique des crédits affectés au financement des emplois aidés(EVS) aboutit à la suppression de 4500 emplois d’aide à la direction d’école et d’auxiliaire de vie scolaire pour les enfants handicapés, au plan national.

Dans la Loire, à l’école primaire, ce sont les élèves les plus fragiles qui ont à subir les conséquences des réductions budgétaires. En contrepartie des nécessaires besoins d’ouvertures de classes, les dispositifs d’aide aux élèves les plus fragiles sont détériorés.
Pour les RASED, une comparaison avec la situation d’il y a 10 ans l’illustre bien :

 2000/20012010/2011
Psychologues 1 pour 1782 élèves 1 pour 1825 élèves
Ré éducateurs 1 pour 2262 élèves 1 pour 2737 élèves
Maîtres de soutien 1 pour 1337 élèves 1 pour 1433 élèves

La situation est aggravée du fait que les moyens concentrés jusqu’alors sur les Zones d’Education Prioritaires, laissant des zones entières du département non couvertes, ont été redéployés sur l’ensemble du département, permettant à l’administration de sauver les apparences. Les prochaines suppressions risquent de voir augmenter partout significativement le nombre d’élèves par classe.

Il en va de même pour les ouvertures de classes. Si le nombre d’élèves par classes est maintenu jusqu’alors à un niveau relativement stable, c’est :

-  en empêchant les enfants de deux ans de rentrer à l’école (53% d’entre eux étaient scolarisés en 2003 ; 15% aujourd’hui),
-  en augmentant le nombre d’élèves par classe en ZEP pour ramener les effectifs de ces classes quasiment au niveau de la moyenne des autres écoles : l’idée de donner plus à ceux qui ont moins est abandonnée.
-  en supprimant des postes consacrés à la prise en charge des enfants nouvellement arrivés en France : en 2000, 20 postes pour 130 d’entre eux ; 16 postes aujourd’hui pour près de trois fois plus de « nouveaux arrivants »

Après la loi sur le handicap de 2005, de plus en plus d’élèves porteurs de handicap sont scolarisés dans des écoles « ordinaires ». Au titre de la compensation, ils devraient tous bénéficier de l’accompagnement d’un(e) Auxiliaire de Vie Scolaire. Les notifications de la Maison du Handicap (MDPH) sont très souvent revues à la baisse ; l’école maternelle doit souvent se débrouiller sans AVS …

Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin d’un système éducatif qui s’attaque réellement aux inégalités scolaires et qui traite la situation des élèves en grande difficulté. D’autres choix pour la réussite de tous les jeunes sont nécessaires afin que l’école remplisse les objectifs d’une école démocratique et ambitieuse.

Il y a urgence ! Nous avons l’ambition pour notre nation de permettre pour 50% d’une classe d’âge l’acquisition d’une licence et une qualification reconnue pour chaque jeune ce qui suppose d’atteindre 80% d’une classe d’age au baccalauréat.
Or, une fois encore, le budget tourne résolument le dos à ces objectifs.

C’est pourquoi nous vous interpellons solennellement afin que vous agissiez pour signifier au gouvernement les conséquences d’un quatrième budget dégradé de la mission interministérielle enseignement scolaire.

La mission interministérielle enseignement scolaire correspond au premier budget (en valeur) de l’Etat, elle correspond aussi au premier service public garant des principes d’égalité et de solidarité de notre République. Or, le budget 2011 va remettre en cause la capacité du service public d’éducation à répondre aux besoins de tous les élèves (augmentation du nombre d’élèves par classe, nouvelle diminution du potentiel de remplacement, réduction de la capacité d’intervention des réseaux d’aides avec la réduction des moyens d’enseignement affectés en dehors des classes, fin de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans.)

Il en va de votre responsabilité de représentants de la Nation de donner à l’Ecole les moyens humains et financiers pour assurer au mieux l’éducation des générations futures.

Dans l’attente de connaître votre position par rapport aux différents points abordés dans ce courrier, nous restons à votre entière disposition pour vous rencontrer.

Nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, à l’expression de notre considération.


SUD éducation Loire - Membre de l'Union syndicale Solidaires
Site sous SPIP  -  Flux RSS  -  Contact webmestre ou syndicat  -  Haut