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Article mis en ligne le 15 novembre 2012
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Réforme des rythmes scolaires dans le 1er degré

Bidouillage et écran de fumée

SUD éducation refuse que la question des rythmes scolaires occulte tous les autres aspects de la politique éducative du gouvernement, alors que celle-ci ne rompt pas avec la transformation libérale de l’école. La réforme des rythmes est un enjeu pour les élèves, pour les familles (et donc pour l’ensemble de la société), ainsi que pour les personnels, enseignants et agents municipaux. Le projet du ministère pose des problèmes pour l’ensemble de ces aspects

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La question des rythmes scolaires est instrumentalisée par le gouvernement pour masquer les autres dimensions de sa politique scolaire :

une « refondation » très pauvre, le maintien des principales contre-réformes de la droite, un budget réel qui « augmente » moins que l’inflation, la précarité institutionnalisée comme mode de gestion.

La poursuite du démantèlement du service public d’éducation avec la décentralisation de l’orientation et de la carte des formations, et l’influence croissante des entreprises privées dans l’enseignement professionnel.

Cette question est cependant importante, parce qu’elle impacte profondément l’ensemble des conditions de scolarité des élèves, des vies des familles, et de travail des personnels. La manière dont le débat public est aujourd’hui mené est consternante, comme s’il n’était pas possible de faire autrement qu’opposer l’intérêt des élèves et des parents à ceux des personnels.

Dans ce qui est maintenant annoncé par le ministère, le temps scolaire sur la semaine serait de 24 heures de classe, avec 4 journées de 5 heures et une demi-journée de 3 heures le mercredi matin, auxquelles il faut ajouter une heure de classe à placer dans la semaine dans le plus grand flou. Pour les enseignant-e-s, en outre, 3 heures par semaine seraient dédié-e-s aux autres tâches, pour l’aide personnalisée, les concertations diverses, la liaison avec le collège et les relations avec les parents et les autres acteurs... Aucun enfant ne devrait quitter l’école avant 16h30.

On est loin de la réforme profonde annoncée :
Pour les élèves, tout indique qu’il faut un temps d’enseignement quotidien réellement réduit, ce qui n’est pas le cas avec le projet du gouvernement et le maintien de l’aide personnalisée tellement contestée.

La répartition des périodes est toujours déséquilibrée, avec un deuxième trimestre disproportionné.

Aucune réforme des programmes et des apprentissages n’est envisagée pour le moment, la logique des compétences et du LPC est poursuivie.

Cette réforme est davantage un bidouillage mal fagoté qu’une vraie transformation des rythmes, qui supposait de mettre des moyens humains et financiers pour répondre aux nécessités pédagogiques et aux attentes des personnels.



Annonces préoccupantes pour tous les personnels

L’aide personnalisée est maintenue, alors que nous avons combattu ce dispositif absurde depuis le début, qui alourdit la journée des enseignant-e-s, allonge la journée des élèves les plus en difficulté et qui est l’instrument de la disparition des RASED, alors que ceux-ci constituent une réponse beaucoup plus adaptée aux difficultés.

Le gouvernement demande aux mairies d’assurer 3 heures de prise en charge des élèves par semaine. L’hypothèse la plus probable est que cette prise en charge soit également répartie sur 3 jours. Ainsi, la classe se terminerait 3 jours sur 4 à 15h30 et le quatrième jour à 16h30 (il faut pour le gouvernement à toute force caser quelque part la 24e heure de classe !). Cela signifie que l’aide personnalisée aurait lieu de 15h30 à 16h00 là aussi trois jours par semaine. Comme tous les élèves doivent rester à l’école jusqu’à 16h30, ce sont les mairies qui assureront les plages de 15h30 à 16h30. Qui va financer cette prise en charge : l’État, les collectivités territoriales, l’entreprise ?

A quel moment les animations pédagogiques, les concertations, les conseils des maîtres-ses, se tiendront-ils, puisque les PE ont des élèves en charge tous les jours, mercredis matin compris, et qu’aucune libération n’est prévue pour ces autres activités ? Comment l’égalité sur le territoire sera-t-elle assurée si la charge repose sur les mairies ? Qu’en sera-t-il dans les zones rurales ?

3 heures par semaine pour toutes les autres activités des enseignant-e-s n’est vraiment pas une prise en compte de l’ensemble des tâches effectuée. Sur ces 3 heures, au moins la moitié sera dédiée à l’aide personnalisée. Comment faire croire qu’en 1h30 par semaine il est possible d’assurer les temps de concertations nécessaires, la formation continue, les relations avec le collège, les mairies, les parents ? Ces 3 heures annualisée correspondent exactement aux 108 heures actuelles. Aucune réforme intégrant ces dimensions du métier n’est possible sans réduction de temps de prise en charge des élèves par les enseignant-e-s.

Si la question des moyens ne règle pas l’ensemble du débat, il ne peut y avoir de vraie ré-forme des rythmes scolaires sans une augmentation importante du nombre de personnels.

Le gouvernement Hollande/Ayrault affiche une « priorité à l’éducation » pour légitimer sa politique de rigueur. Le projet de budget vient démentir cette communication. Celui de l’Éducation nationale n’augmente réellement que de 0,6%. Pour 80000 postes supprimés en 5 ans, au plus 8800 seraient recréés. On est loin de la « reconstruction » du service public d’éducation. Ces politiques d’austérité doivent être stoppées. Elles ont des conséquences concrètes sur l’ensemble de nos conditions de travail et sur tous les aspects du service public.

Pour une réforme des rythmes scolaires qui réponde aux besoins des élèves et des familles et améliore les conditions de travail de tous les personnels, SUD éducation revendique :

une réduction du temps de travail de tous les personnels :
-  les 35 heures n’ont jamais été appliquées aux enseignant-e-s,
-  et il est urgent de diminuer le temps de travail des personnels IATOSS sans baisse de salaire ni flexibilisation ;

des embauches sous statuts de fonctionnaires à la hauteur des besoins dans toutes les catégories, ce qui suppose d’augmenter les postes aux concours avec une programmation pluriannuelle claire, la titularisation sans conditions de concours ni de nationalité des tous les précaires et l’arrêt du recrutement de nouveaux précaires.


Post-Scriptum

La fédération SUD éducation :

Affirme la nécessité de construire un mouvement interprofessionnel pour des alternatives à l’austérité.

Propose aux fédérations syndicales de l’Éducation Nationale de se réunir pour élaborer une plateforme de revendications à faire aboutir par la mobilisation, sur le budget et sur les politiques éducatives