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Article mis en ligne le 28 novembre 2011
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SUD Education refuse qu’on interdise aux mères portant un foulard d’accompagner les sorties scolaires

Pour le respect de la laïcité et contre toute stigmatisation du foulard musulman

Le tribunal administratif de Montreuil a validé le 22 novembre l’interdiction faite à une mère de confession musulmane de l’école élémentaire Paul Lafargue de Montreuil de participer aux sorties scolaires parce qu’elle porte un foulard (voir à ce sujet l’article de Rue89 : http://www.rue89.com/2011/11/23/la-...).

Ci-dessous, vous trouverez le communiqué de la Fédération SUD éducation sur cette question, puis le communiqué du collectif unitaire « Mamans toutes égales », dont SUD éducation Loire a signé le texte d’appel.


Communiqué de la Fédération SUD éducation adopté au Conseil Fédéral des 23 et 24 novembre 2011 :

SUD Education refuse qu’on interdise aux mère portant un foulard d’accompagner les sorties scolaires

Pour le respect de la laïcité et contre toute stigmatisation du foulard musulman

En voulant interdire aux mères portant foulard d’accompagner des sorties scolaires à la maternelle et à l’école élémentaire, L. Chatel – et le gouvernement au nom duquel il officie – cherchent à activer les tendances xénophobes et racistes.

La fédération Sud éducation dénonce cette mesure discriminatoire et la combat. L’annonce de l’abandon de l’idée de légiférer sur cette question ne doit pas masquer l’essentiel : selon les propos mêmes de C. Guéant, il y aura des règlements et des instructions pour arriver au même résultat, avec pour conséquences supplémentaires de semer la confusion ; de renvoyer la responsabilité de l’exclusion aux IA, IEN, et surtout aux directeurs et directrices d’écoles ; de créer des conflits locaux et des disparités d’un département à l’autre, d’une circonscription à l’autre, d’une école à l’autre.

Nous rappelons que les parents d’élèves ne sont pas des personnels du service public d’éducation, et qu’ils ont simplement un rôle d’accompagnement. Ils n’ont donc pas à être soumis aux exigences qui s’imposent à l’institution et à ses représentant-e-s. La fédération Sud éducation refuse la mise en cause de l’islam au nom de la laïcité. La laïcité, quand elle n’est pas dénaturée, veut qu’on ne privilégie aucun culte et qu’on n’en discrimine aucun.

Or, les entorses à la laïcité, surtout en faveur de la religion « dominante », le catholicisme, sont légion. Les écoles privées, confessionnelles pour l’essentiel, bénéficient d’avantages et de privilèges scandaleux alors que le pouvoir s’efforce de dénaturer et détruire l’enseignement public.

La laïcité est aujourd’hui invoquée et utilisée par ceux qui l’ont toujours combattue quand elle s’opposait aux offensives du cléricalisme catholique, à l’école ou dans la société. Ces ennemis de la laïcité veulent se servir de sa caution pour stigmatiser une partie de la société, de nationalité française ou étrangère, issue de l’immigration. Et ce sont les personnes issues des « quartiers » qui sont les premières discriminées, et en ligne de mire.

Les mises en cause ciblant exclusivement l’islam, qu’elles viennent du ministre C. Guéant, de l’extrême droite, de l’UMP ou du Front National, sont frauduleusement qualifiées de « laïques ». Sud éducation dénonce ce mensonge délibéré.

De telles attaques relèvent du pur racisme : elles sont, à ce titre, inacceptables.

Fédération SUD Education


Communiqué du Collectif « Mamans toutes égales » suite au jugement du TA de Montreuil du 22 novembre 2011

Un jugement inique - L’exclusion légalisée ?

Le jugement rendu par le tribunal administratif de Montreuil, le 22 novembre, interdisant à une mère de confession musulmane de l’école élémentaire Paul Lafargue de Montreuil de participer aux sorties scolaires parce qu’elle porte un foulard, est un jugement inique.

Il constitue une discrimination scandaleuse à l’égard d’une mère parce qu’elle est musulmane. Ce jugement contrevient aux principes de laïcité édictés dans la loi de 1905, qui institue la liberté de croyance et de conscience pour tous, quelle que soit la religion ou l’absence de religion, et n’instaure le principe de neutralité que pour les agents de l’Etat.

En assimilant cette mère à un membre du personnel de l’Etat – alors que les sorties scolaires s’effectuent sous la responsabilité des enseignants, eux, agents de l’Etat – ce jugement légalise une discrimination religieuse et constitue, de fait, une discrimination raciste, car jamais un telle décision n’a été prononcée à l’encontre d’une mère portant une croix ou d’un père portant une kippa.

Pourtant le Premier ministre François Fillon s’était opposé, en juin dernier, à un projet de circulaire du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, qui voulait généraliser cette interdiction à toute l’Education nationale. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait réaffirmé, à la rentrée, sa volonté de ne pas remettre en cause la loi de 1905, selon lui « équilibrée ». Et ne pas vouloir légiférer sur la participation des mères portant un voile aux sorties scolaires.

A Montreuil, seule l’école élémentaire Paul Lafargue pratique ces discriminations. Dans la maternelle du même établissement, toutes les mères sont bienvenues pour accompagner les sorties scolaires. Dans les autres écoles de la ville, les mères musulmanes, quels que soient leurs vêtements, peuvent accompagner les enfants. Tous ces enseignants seront-ils désormais considérés hors-la-loi ?

Le collectif Mamans Toutes Egales, soutenu par des intellectuels [1], des responsables politiques et syndicaux [2], des associations antiracistes et musulmanes, tient à alerter l’opinion publique sur la gravité de telles discriminations, leur retombées sur les enfants des mamans exclues et au-delà sur tous les enfants.

Ce jugement légalise l’exclusion. Il encourage les attitudes racistes et les pratiques discriminatoires à l’encontre de populations éternellement perçues comme « issues de l’immigration » alors qu’elles appartiennent à la société française. Il institue, de fait, une catégorie de Français à part, soumis à des règlements et jugements d’exception, hors du droit commun.


Notes

[1Jacques Rancière, philosophe ; Etienne Balibar, philosophe ; Esther Benbassa, historienne ; Joël Roman, philosophe ; Françoise Vergès, politologue, Eric Fassin, sociologue, Jean Bauberot, sociologue, Christine Delphy, sociologue…

[2Christiane Taubira, Cecile Duflot, Patrick Braouzec, Olivier Besancenot, Alima Boumediene Thiéry, Eric Favey, secrétaire national adjoint de la Ligue de l’Enseignement, Annick Coupé


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