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Article mis en ligne le 18 janvier 2011
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E2P : au secours, revoilà les EPEP !

La création des EPEP, rebaptisés E2P, est à l’ordre du jour, dans le 1er degré… Le rapport Reiss le confirme avec la mise en place d’un Conseil d’Administration (composé d’un directeur, d’un tiers d’enseignants, d’un tiers d’élus locaux et d’un tiers de parents.) L’intégration complète de l’école dans les logiques néolibérales et managériales, voilà leur proche horizon si nous laissons faire...

Le rapport Reiss a été rendu public le 28/09

Il répond à une commande du 1er Ministre. Il s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis la loi de 2005. Il apparaît dans un climat idéologique marqué par des idées souvent démagogiques et dans une réalité budgétaire étroite. Deux contraintes étouffantes.

Faut-il une direction pour les écoles primaires ?

F. Reiss parle même de « leadership pédagogique ». De nombreux pays européens, l’Italie ou l’Angleterre par exemple, disposent de directeurs d’école primaires professionnels ayant en charge plusieurs écoles. Ils en assument la gestion. Ils ont souvent des responsabilités pour le recrutement voire la rémunération des enseignants. Pour autant leur identité est plus proche du gestionnaire que du « leader pédagogique ».

Le directeur, un manager ?

« Le directeur d’école n’occupe pas simplement une fonction : il exerce un métier à part entière. Il endosse des responsabilités d’ordre pédagogique, relationnel, administratif et managérial. Après sa mission première de fédérer autour du contrat éducatif, le directeur est l’interlocuteur privilégié des élus locaux et des parents d’élèves. Il devrait être recruté parmi les enseignants chevronnés ayant au moins trois ans d’ancienneté dans le premier degré ».

Un guide capable d’entraîner les enseignants ?

Pour F. Reiss, et sans doute une bonne partie des députés UMP, l’école irait mieux si la hiérarchie y était plus forte. Les difficultés de l’École seraient liées au moins d’autorité. Cette vision n’est pas vraiment étayée. Aujourd’hui le directeur est bien un simple pair parmi les pairs, avec une fonction simplement différente. Or, de fait, le modèle d’organisation collective de l’école primaire fonctionne. Malgré des difficultés croissantes et le manque de moyens, l’école fonctionne et si les enseignants ont du mal à s’approprier la réforme de 2008 ce n’est certainement pas du fait des directions.

Un modèle autoritaire pour l’École

Le modèle que met en avant le rapport Reiss est à la fois gestionnaire et autoritaire. Gestionnaire car on voit bien les économies de gestion qui pourraient résulter des restructurations et des regroupements. C’est même un modèle urbain qui est mis en avant, même si le rapport insiste sur la nécessité de se plier aux contingences locales. Or la qualité des écoles rurales est attestée. Si effectivement les regroupements permettent d’avoir des moyens pédagogiques supplémentaires, encore faut-il qu’ils ne soient pas supprimés ! Dans la situation actuelle de recherche d’économies, les expérimentations risquent bien d’être tournées vers ce seul objectif. De l’école efficace et ouverte sur sa communauté, il pourrait ne rester que le masque autoritaire de l’austérité.

Article largement inspiré de L’Expresso du 30 Septembre 2010 dans le café pédagogique


La mise en place d’E2P consacrerait ce que SUD éducation refuse :

- la mise en place d’un-e chef d’établissement
-  la création d’une hiérarchie entre les collègues des écoles
-  la fin de l’indépendance pédagogique de l’école par rapport aux pouvoirs politiques locaux
-  la fin de la liberté pédagogique des enseignant-e-s du primaire
-  une globalisation des effectifs par EPEP qui pour-rait entraîner la suppression de centaines de postes et la disparition de petites écoles
-  la mise en concurrence des écoles
-  la multiplication des contrats précaires avec la possibilité donnée aux EPEP de recruter directe-ment des personnels non-enseignants.

À l’heure où l’on renforce le pouvoir des directeurs et des directrices et où les pressions de l’administration sur les personnels se multiplient,SUD éducation en-tend préserver des écoles de proximité à taille hu-maine, libres de toute ingérence locale.

SUD revendique une direction collégiale et coopérative qui permet :

-  une responsabilisation de tous les acteurs et ac-trices de l’école
-  le partage des responsabilités
-  le renforcement du rôle du conseil des maîtres et maîtresses.

SUD éducation propose :

-  une décharge de direction à disposition de l’équipe pédagogique et non du seul directeur ou de la seule directrice
-  une indemnité de direction à envisager au niveau de l’équipe pédagogique
-  la création de postes de secrétariat administratif pour les écoles, comme pour les collèges et les lycées.


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