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Article mis en ligne le 13 décembre 2010
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Cancún, un accord en trompe l’oeil !

Communiqué de l’Union syndicale Solidaires du 13 décembre 2010

L’accord de Cancún a provoqué un ouf de soulagement quasi général. Après le fiasco de
Copenhague, la « communauté internationale », à l’exception de la Bolivie, a réussi à se
mettre d’accord sur un texte a minima, mais qui préserverait l’essentiel. La réalité est
hélas plus affligeante !

Cet accord constitue un recul sur un point fondamental, celui des engagements contraignants
des pays développés contenus dans le protocole de Kyoto. Si la référence à celuici
est bien présente, elle n’entraîne aucune conséquence pratique pour les pays concernés.
Ceux-ci, de fait, pourront choisir eux-mêmes leurs objectifs de réduction des émissions
de CO2. L’avancée qu’avait représentée, de ce point de vue, le protocole de Kyoto
est ainsi remise en cause. Cancún se situe donc dans le strict prolongement de la conférence
de Copenhague (décembre 2009).

La création d’un « fonds vert », de 100 milliards de dollars à partir de 2020, pour aider
les pays en développement à faire face aux conséquences du réchauffement climatique,
est certes une bonne nouvelle. Mais, outre que la Banque mondiale, soumise à l’idéologie
néolibérale, sera un acteur essentiel de sa gestion, son mode de financement reste
plus que flou. On peut craindre qu’il ne repose, pour l’essentiel, sur les marchés carbone,
ce d’autant plus qu’aucune piste de financement public alternatif n’a été retenue, que
ce soit la taxation du transport aérien, maritime ou des transactions financières.

Pire, le texte entérine l’extension des marchés carbone. La marchandisation totale de la
nature, déjà amorcée par les mécanismes de flexibilité issus du protocole de Kyoto, est
à l’ordre du jour. Sous prétexte de lutter contre le réchauffement climatique, c’est un renforcement
de la domination des marchés financiers qui se prépare.

La France n’a pas brillé par son engagement dans ces négociations, la ministre
Kosciusko-Morizet refusant même de s’associer à ses homologues portugais et espagnols
pour soutenir le passage de 20 % à 30 % de réduction des émissions pour l’Union
européenne.

Pour l’Union syndicale Solidaires, Cancún confirme que la lutte contre le réchauffement
climatique ne peut être laissée aux mains des gouvernements. Les peuples de la planète
doivent faire entendre leur voix. D’ici la prochaine étape fin 2011 à Durban, il faudra
construire les mobilisations citoyennes nécessaires pour imposer des solutions qui en
finissent avec la mainmise des marchés financiers sur la planète et mettent enfin les
besoins des peuples au cœur des réponses à la crise écologique.

Le 13 décembre 2010



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