Logo de Sud éducation Loire L'école n'est pas une entreprise, l'éducation n'est pas une marchandise ! Logo Union syndicale Solidaires

Article mis en ligne le 2 février 2016
Cet article au format imprimable : impression
Dossiers apparentés
  • Secteurs :

    • Aucun dossier dans cette catégorie

  • Fonctions :

    • Aucun dossier dans cette catégorie

  • Thèmes :

    • Aucun dossier dans cette catégorie

  • Auteurs :



Ouverture / fermeture : bien loin du compte

Analyse de SUD éducation après le CTSD de vendredi 29 janvier.

20 : le chiffre que l’IA ne voulait pas retenir

Dans notre précédent courriel, nous mettions en avant ce chiffre comme repère pour un effectif de classe favorable aux élèves et aux enseignant-e-s. Toutes celles tous ceux qui ont eu connaissance dès vendredi soir des mesures quasi entérinées par l’IA comprendront que nous sommes loin du compte. En effet, plusieurs écoles se sont vues refuser une ouverture, les laissant avec des effectifs élevés, trop élevés. Malgré les prises de positions quasiment toutes intersyndicales pour ces écoles, l’IA n’en démord pas, bloquant son curseur bien au delà de nos revendications pourtant légitimes. Les arguments avancés sont souvent les mêmes : tantôt sur les effectifs annoncés qui ne seraient pas au rendez-vous, tantôt sur l’aspect purement prioritaire, d’une école située dans un quartier favorisé en opposition à d’autres situées dans des quartiers plus difficiles. C’est pour cette dernière raison que Jean Ravon à Villars n’ouvre pas. Pour autant des écoles à Rive De Gier (St Exupéry), au Chambon (J.Jaurès), à Roanne (Fontquentin) ou Saint-Etienne (La Veue, Chavanelle, Thiollier) n’ont pas droit à un sort plus enviable. Dans un souci d’affichage et pour donner l’illusion, encore une fois, que l’IA prend en compte les problématiques Ligériennes, ces dernières se verront peut-être attribuées tout au plus, 1 PDMQDC et encore si l’équipe rédige un projet. L’IA réfute les arguments syndicaux, car ses préoccupations sont purement budgétaires.

20 X 2 : le chiffre que l’IA aurait dû retenir

40 c’est le minimum par rapport aux besoins qui se font sentir tous les jours sur le terrain et c’est certainement plus du double qui serait nécessaire pour permettre à nos élèves de bénéficier de conditions d’enseignements acceptables. Jusqu’où les collègues pourront-ils tenir dans l’état actuel ? Comment peser de manière efficace sur les choix qui sont opérés à Paris et appliqués doctement dans les départements ? Comment inverser de manière durable les rapports de force pour enfin obtenir des conditions de travail décentes pour nos élèves et nous ?

Ces questions, les syndicats en général et SUD éducation en particulier se les posent quotidiennement et vous les posent aujourd’hui aussi dans les mêmes termes. Il n’y a pas de réponses toutes faites, ni de recettes miracles, mais il y en a une que nous utilisons encore moins que les autres : la lutte des personnels avec les parents d’élèves. Les aspirations des un-e-s sont les préoccupations des autres, faisons-les au moins se rencontrer : venez nombreux et nombreuses mercredi 3 février }} à l’appel de l’intersyndical SE-UNSA, SNUDI-FO, SNUIPP et SUD éducation devant l’inspection académique à 17h00 pour porter vos revendications et construire collectivement et solidairement vos luttes.

Regroupements et primarisations, une bombe à retardement

20 c’est aussi quasiment le nombre de regroupements ou de fusions d’écoles envisagées, souhaitées, actées par l’IA. Du jamais vu ! Bien sûr les décisions sont du ressort des mairies, elles aussi à la recherche d‘économies d’échelle, c’est donc du pain béni pour l’éducation nationale. SUD éducation s’est élevé, comme d’autres, contre ce raz de marée. C’est donc aux forceps, sans tenir compte de l’avis des conseils d’écoles, donc de la communauté éducative en prise directe avec les élèves, que l’IA accompagne ces orientations municipales.

Pire encore, pour inciter à la création d’un nouveau RPI, l’IA ferme la troisième classe de Ste Foy St Sulpice, laissant après fermeture l’école avec près de 60 élèves pour deux classes ! La raison est toute simple, évidente et lumineuse : l’école de Cleppé, distante de 5 km environ, compte 18 élèves, donc à elles deux 78 élèves, on est sur le seuil des 3 classes ! Sauf que le RPI, n’existe pas actuellement, contraignant de fait Ste Foy St Sulpice à tenter ce rapprochement mais surtout à laisser les élèves et l’équipe enseignante durant au moins une année dans des conditions déplorables.

Cette manière de faire en dit long sur la volonté de l’IA dans le but de récupérer des postes et devrait nous mettre en alerte sur ce qui va se passer dans les années futures pour les autres écoles qui vont fusionner ou se regrouper cette année.
Le cas de Ste Foy St Sulpice, défendu là aussi de manière intersyndicale, est révélateur des stratégies budgétaires emballées par une pincée de pédagogie. L’IA trop gourmande et prétentieuse s’est dévoilée complètement sur ses intentions non avouables.

RASED, c’est encore bien pire que nous le pensions

Lorsque nous avions posé la question jeudi dernier sur cet appariement entre poste E et troubles du comportement et du caractère, nous avions alors compris que l’IA missionnerait des postes E pour remplir ces missions. OUF ! les postes E ne sont pas touchés, c’est bien pire que cela ! L’IA crée un nouveau dispositif, encore un, les EMPR (Enseignant-e-s Missionné-e-s Pôle Ressource). Précaires avec CAPASH de l’éducation nationale rattaché-e-s au canard boiteux Pôle Ressource, précaire car c’est une lettre de mission pour 3 ans. L’IA justifie ce choix en nous prenant à témoin, en nous citant même et en reprenant nos arguments : « Vous dites qu’il y a le feu, alors nous agissons, ces EMPR vont pouvoir intervenir sur les situations complexes que vous décrivez. » Bien joué, non ?

Mais pourquoi vouloir affecter 7 collègues sur des postes éphémères alors qu’il suffisait de les faire partir en formation dans l’option correspondante ? « Mais l’urgence, voyons, l’urgence ! » L’URGENCE ! Elle est vécue quotidiennement depuis plusieurs années par l’ensemble des collègues qui dans leur classe sont confronté-e-s à des difficultés croissantes. L’urgence aurait voulu que l’on prenne en compte leurs avis et qu’on leur donne les moyens de travailler correctement.

Ce nouveau dispositif est un écran de fumée. Il cache la triste réalité d’un budget ne permettant pas de réelles avancées. C’est encore un peu plus de saupoudrage sur la difficulté scolaire. Nos collègues EMPR vont intervenir en urgentistes sur de très nombreuses situations mais n’auront pas les moyens d’un travail de fond indispensable dans l’intérêt de ces élèves. Cela a aussi comme conséquence d’éloigner un peu plus les RASED du champ lexical des collègues, l’IA le sait bien. Lorsqu’on lui demande « que faites-vous pour les RASED ? », il répond : « pour le Pôle ressource ? » Cette confusion est sciemment entretenue. Elle vise à diluer les interventions du RASED dans un ensemble trop large aux contours mal définis, les rendant in fine, moins perceptibles. Nous rappelons, qu’il existe bien une circulaire RASED et que le pôle ressource n’en est qu’un élément. Les postes gelés pour les EMPR vont empêcher tous nouveaux départs en formation des collègues qui auraient pu être affecté-e-s sur ces postes.

SEGPA , une nouvelle circulaire sans nouveau moyen

Depuis longtemps les collègues de SEGPA craignaient la mise en œuvre de la nouvelle circulaire comportant beaucoup trop d’incohérences dans le texte par rapport à l’objectif recherché. Ils et elles savaient pertinemment que cette circulaire rendrait leurs missions délicates et ne pourrait que fragiliser un peu plus l’inclusion scolaire qu’elle était censée promouvoir. La réalité leur donne raison. En effet, les moyens alloués pour l’application de cette circulaire ne sont pas en adéquation avec les ambitions affichées. C’est encore une fois la même stratégie qui est utilisée : faire du beau, du bon du neuf avec des moyens constants. Les DHG (Dotation Horaire Globalisée) dans les collèges sont tombées ; elles ne permettront pas d’appliquer cette circulaire. Cela va dégrader les conditions de travail de nos collègues (PE, PLP, PCL) et par voie de conséquence fragiliser les élèves.

SUD éducation, revendique une véritable inclusion scolaire qui ne peut s’accompagner que d’une réflexion plus globale sur la difficulté scolaire et de moyens importants. Comme pour les SEGPA et tout le reste, on en est loin ! C’est l’austérité à tous les étages.

L’entreprise et l’école se ressemblent de plus en plus, on gère les moyens à flux tendu.

DHG des collèges, une année décisive

L’étude des DHG collège a été reportée à une date ultérieure. En cette année de « réforme » du collège, SUD éducation appelle tous les collègues à la vigilance sur les moyens alloués et à utiliser tous les leviers possibles (CA, AG de personnels, HMI...) pour s’opposer à des décisions arbitraires de l’administration (heure d’autonomie des collèges, mise en place des EPI et des AP,...).

N’hésitez pas à nous faire part des difficultés pour que nous puissions les faire remonter lors du prochain CTSD.

Pour SUD éducation, il n’y a qu’une seule urgence : c’est de créer des postes pour abaisser les effectifs des classes, de pourvoir en nombre suffisant les brigades de remplacement, de reconstituer les RASED.

L’urgence pour SUD éducation c’est l’ECOLE !

PDF - 211 ko
Déclaration liminaire de Sud education